Apprendre rapidement…

Dans combien de temps, désormais, aurons-nous des
machines plus intelligentes que les humains ? Dans combien de
temps le cerveau humain pourra-t-il puiser dans une mémoire
inorganique ? Dans combien de temps maîtriserons-nous
suffisamment les nanotechnologies pour produire en abondance
une matière et une énergie quasiment gratuites ?

L’essentiel n’est d’ailleurs pas là. L’essentiel est que la plupart
des entrepreneurs de l’économie numérique agissent comme s’il
était évident que tout se passera plus vite que prévu. Dans leurs
choix d’organisation, dans leurs méthodes de management,
dans leurs règles de conception de leurs produits, ils ne laissent
aucune place aux certitudes ni aux conformismes. Ils ne
recrutent pas des dirigeants pour ce qu’ils savent, mais
recherchent des innovateurs capables d’apprendre rapidement
et d’agir dans l’incertitude.

(..)

On a parfois le sentiment qu’avec cette multiplication des
processeurs et les évolutions d’Internet, la société se réorganise
autour des systèmes d’information plutôt que de les mettre à
son service. Cela perturbe les organisations, renvoyées au rang
de corps intermédiaires parfois inutiles, et sollicite sans doute
une redéfinition du rôle des États.

(..)

L’innovation est permanente parce que, comme l’avaient déjà
souligné Georges Nahon et Didier Lombard, nous sommes
entrés dans une ère où l’innovation se joue par hybridation de
couches technologiques variées. Pendant des décennies, la
sphère « informatique n fut en effet constituée de strates assez
étanches : l’électronique, les systèmes d’exploitation, le logiciel.
La vague d’innovation actuelle se joue désormais de ces strates
et teste toutes les combinaisons possibles. Les technologies de
l’information et de la communication ne sont d’ailleurs pas
seules concernées. Dans leur traité de stratégie militaire « La
Guerre hors limites“, deux colonels de l’armée de l’air chinoise,
Qiao Liang et Wang Xiangsui, font le même constat. À leurs
yeux, ce ne sont plus les ruptures technologiques qui fondent les
progrès stratégiques, mais, désormais, les évolutions des
systèmes d’armement et les changements dans les manières de
combiner les technologies.

Nicolas Colin et Henri Verdier: L’âge de la multitude.

Publicités

A propos Philippe Lestang

Auteur du livre "Le fait Jésus" (Actes Sud 2012) - http://www.plestang.com
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s